Le président de Boylesvé de Chamballan

 

 

 

                                                                              Patrick Belorde

                                                                  Dossier de séminaire DEA

 

 

 

Table des matières

 

 

 

I.       La famille.................................................................................................................................................. 3

 

II.     L’utilisation d’un acte volontaire......................................................................................................... 3

 

III.    Les lieux de résidence............................................................................................................................ 4

 

IV.    Les meubles meublants.......................................................................................................................... 6

 

V.     Les critères de la collection................................................................................................................ 11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

Le choix du président Joseph François Marie de Boylesvé de Chamballan, pour l‘étude d‘un petit collectionneur, n‘a pas été facile parmi la cohorte des seigneurs robins et des auxiliaires de justice officiant au Parlement de Bretagne que nous avions rencontrés lors de la recherche concernant les goûts artistiques des officiers de judicature, dans le cadre de notre mémoire de DEA.

 

 Président des Enquêtes, il ne possède pas un statut aussi prestigieux que Cornulier ou Huchet de la Bédoyère et surtout Robien ; cependant sa fortune mobilière est importante puisqu‘elle dépasse les 20 000 £, mais n‘est cependant pas exceptionnelle. A la même époque Le Feuvre de la Faluère possède plus de 100 000 £, Robin d‘Estréans plus de 54 000 £, Francheville plus de 47 000 £ de biens mobiliers. Nous en avons relevé les inventaires après décès comme l‘inventaire volontaire que nous allons étudier.

 

Ce qui nous a retenu est le fait qu‘il soit le parlementaire qui possède le tableau le plus cher de tous les 291 scellés et inventaires que nous ayons dépouillés au cours de cette année.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I.                   La famille

 

La famille de Boylesvé ou Boislève est originaire d‘Anjou, devenue noble par lettres patentes d‘Henri IV, en 1597, elle porte d‘azur à trois sautoirs alésés d‘or[1].

Louis, le premier officier de judicature de la famille, est président du Présidial d‘Angers, il épouse Perrine Born.

Leur fils François (1642-1700) épouse Anne-François Huby en 1675, il est conseiller au Parlement de Bretagne.

Ils ont de leur mariage, notamment, Joseph-Hyacinthe-François (1679-1739) qui épouse Jeanne-Thérèse Geoffroy de la Villeblanche en 1701, la même année il devient conseiller au Parlement à la place de son père.

De cette union nait Joseph-François-Marie (1704-1779), conseiller puis président des Enquêtes en 1724, il épouse sa cousine Marie-Catherine de Boylesvé du Planty, en 1730 ; au décès de celle-ci, en 1747, il rédige l‘inventaire volontaire dont nous allons traiter[2]. Il se retire de la vie sociale et devient chevalier puis commandeur de l‘ordre de Saint Lazare et Notre-Dame du Mont Carmel, il est aussi nommé vicaire général du diocèse de Nantes.

De l‘union avec sa cousine est né Joseph-Louis-Marie (1733-1782), il est conseiller, puis président à la place de son père qui a „résigné“. Cet office supprimé lors des conflits entre La Chalotais et le duc d‘Aiguillon est rétabli pour être finalement remboursé 75 000 £. Il semble que Boylesvé ait pris le parti des Jésuites, d‘ailleurs il n‘a pas démissionné, mais n‘a pas siégé durant la grave crise qu‘a connu l‘institution face au pouvoir central. Il meurt à Paris en 1782, sans alliance[3].

 

 

II.                L’utilisation d’un acte volontaire

 

Le membre de la famille qui nous retient donc, est Joseph-François-Marie de Boylesvé. Il  rédige l‘inventaire volontaire après le décès de son épouse, le 17 juillet 1747. Compte-tenu du fait qu‘il y avait un mineur, il devrait exister un inventaire après décès établi d‘autorité, dans le cadre des actes d‘office. Celui-ci n‘a pas été retrouvé à notre connaissance. L‘inventaire concerne les biens meubles du couple, il est censé établir la fin de la communauté. Il constitue un élément déterminant de la succesion nobiliaire définie par la Coutume de Bretagne.

 

Cet inventaire nous donne des indications sur les lieux de résidence de la famille.

 

III.             Les lieux de résidence

 

Le premier lieu de résidence, que nous indique l‘inventaire, est l‘hôtel. Il est situé dans la rue des Fossés, dans le secteur en pleine expansion de la Motte Madame. Il fait face à l‘hôtel Marboeuf et se situe près de l‘hôtel de Lopriac,  qui sont parmi les plus beaux bâtiments construits après l‘incendie de Rennes, en 1720. La rue des Fossés est réalisée avec les déblais des nombreuses maisons détruites[4], ce qui laisse à penser que l‘hôtel de Chamballan date des années 1720, d‘ailleurs le plan Forestier gravé par Robinet en 1726 indique l‘implantation de l‘hôtel[5].

 

 

 

Plan : hôtel de Chamballan rue des Fossés, en 1726[6]

 

            L‘hôtel fut vendu en 1778 aux La Bourdonnaye de Boishullin puis nommé hôtel de Piré, détruit au début du XIXe siècle, il fut remplacé par l‘hôtel de Trédern. L‘inventaire permet d‘établir que 21 pièces constituent l‘hôtel, dont 10 sont utilitaires  et 11 sont des salles ou chambres.

 

            Le président de Boylesvé vit aussi sur ses terres de Chamballan à Rougé[7]. Le château a été acheté par son grand père François, dans le dernier quart du XVIIsiècle à la famille de Chamballan qui le possèdait depuis le XIVe siècle[8].

            Le château a été modifié en 1742, par l‘adjonction d‘un pavillon et d‘une chapelle, ce pavillon est situé en retour d‘équerre par rapport au corps principal datant du XVIe siècle. Il est composé d‘un rez-de-chaussée, d‘un étage et d‘un étage sous comble. La façade est enduite à la chaux et est ornée de baies cintrées pour la porte et les fenêtres du XVIIIe  siècle bien différentes des baies à meneaux  ou accolades de la partie plus ancienne.

            La distribution intérieure comporte pour la partie créée par le président en 1742, un grand salon, une cuisine, trois chambres à l‘étage, un palier qui communique avec l‘aile ancienne et la tribune de la chapelle. Le dénombrement des pièces à partir de l‘inventaire établit qu‘il y a 43 pièces, dont 22 utilitaires, 21 de résidence, auxquelles s‘ajoutent la chapelle et la sacristie.

 

IV.              Les meubles meublants

 

Par meubles meublants, il faut entendre, le mobilier, les ustensiles, les objets de décoration. Les denrées, les récoltes, les animaux n‘en font pas partie.

Nous avons effectué les calculs des différents biens inventoriés dans l‘inventaire, afin de réaliser ce graphique, indicateur pertinent de la répartition des valeurs.

 

graphique 1 : ensemble des biens inventoriés

 

 

 

L’argenterie atteint la somme de 4888 £, soit plus de 40% de l’inventaire dont nous pouvons inférer le rôle traditionnel de placement et d’apparat, ce qui est fréquent dans les inventaires des autres officiers de judicature.

Les tapisseries donnent un total important de 2595 £, réparties à Rennes (850 £) et Chamballan (1745 £), ce qui correspond aux habitudes des officiers de judicature, comme l’indique Jean Meyer qui précise au sujet des tapisseries dans les intérieurs de la noblesse bretonne : « on peut même parler d’un certain goût pour la collection »[9].

La place dévolue aux livres est importante, rangeant Boylesvé dans le groupe des lecteurs érudits. La bibliothèque de Rennes comporte 109 volumes, pour une valeur de 211 £, celle de Chamballan est constituée de 292 volumes d’une valeur globale de 347 £, soit un total général de  401 volumes et une valeur de 558 £, ce qui le place dans la fourchette haute des détenteurs de livres. Il faut cependant préciser qu’aucun livre à caractère artistique n’existe dans cette bibliothèque, comme nous l’avons observé dans celle du président Cornulier ou du président La  Bourdonnaye[10]. Il faut noter qu’à Rennes, il n’y a que des livres de droit, alors qu’à Chamballan, existent des livres de piété, des œuvres littéraires et historiques, plus propres à la méditation ou à la culture. Les autres champs décoratifs et artistiques sont minoritaires.

En ôtant l’argenterie et les livres le rapport d’importance paraît très différent.

 

graphique 2 : place des objets artistiques et décoratifs

 

Le total des meubles formant le corpus d‘objets à caractère artistique ou décoratif dépasse 4000 £, ce qui par rapport à l‘ensemble des meubles meublants donne un pourcentage de plus de 20%.Ce corpus comporte les images, les tapisseries, les miroirs, les revêtements muraux.

La place des tapisseries y est plus modeste que chez Cornulier, Lopriac ou Larlan de Rochefort, par exemple[11] ; d’ailleurs aucune pièce exceptionnelle ne se trouve dans la nomenclature, malgré tout la valeur atteint 24 £ et 10 sols l‘aune, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne de l‘étude portant sur les officiers de judicature. Boylesvé s‘inscrit de même dans le groupe des détenteurs de collection importante de tapisserie, puisqu‘elle dépasse 2000 £. Cependant il faut mentionner que dans l‘inventaire Lopriac une seule série de tapisserie de Bruxelles atteint 3000 £.

Les tapisseries sont des verdures d‘Aubusson, dans les Marches,  mais aussi d‘Oudenarde en Flandres, les plus belles séries sont constituées de cinq pièces de tapisserie à fil double des Flandres, au tarif de 60 £ l‘aune et six pièces de verdure fine de Flandres au tarif élevé de 800 £, soit  50 £ l‘aune, ce qui est remarquable. Les seules mentions d‘un sujet concernent des chasses, thème récurrent des tapisseries du XVIIe siècle, ainsi que les Sept merveilles, connues par la peinture diffusée par l‘entremise de la gravure et dont les œuvres d‘ Ehrenberg Wilhem von Schubert (1630-1676) datant de la fin du XVIIe  siècle donnent des exemples peut-être utilisés par les maîtres liciers[12]

Pour ce qui touche les miroirs, objets par excellence du paraître et de  l‘ostentation, la répartition profite plus à Rennes, qu‘à la demeure rurale, ainsi il y a pour 432 £ à Rennes et 201 £ à la campagne, ce qui donne un total de plus 630 £. Il est à remarquer que l‘un des miroirs les plus chers trouvé dans les dépouillements concerne cet inventaire et que seul l‘inventaire Rosnyvinen de Piré contient un miroir de 800 £, ce qui est considérable.

Le point le plus remarquable se situe au niveau des tableaux. L’un d’eux est de qualité exceptionnelle, il s’agit de Vénus et les amours Cérès et Bacchus. Cette œuvre est prisée 300 £, ce qui représente une somme élevée. Il faut relever cependant qu’il s’agit de la seule pièce d’exception de l’inventaire, elle est égarée parmi un ensemble modeste, composé de tableaux, estampes, cartes de géographie, au nombre de 37 oeuvres  pour une valeur de 77 £ 10 sols, ce qui donne au total 38 œuvres pour une valeur globale de 377 £ 10 sols, ce qui correspond à une moyenne de presque 10 £ par œuvre. Ce tableau n’est pas sans évoquer le tableau de Rubens, Vénus et Cupidon, Cérès et Bacchus, aujourd’hui au Staatliche Museen de Cassel[13].

Il se peut que Boylesvé ait voulu décorer la salle neuve, avec une composition de grande qualité, copiée vraisemblablement d‘après une gravure diffusant la peinture de Rubens. Il se peut aussi que le tableau ait été inclus à une boiserie. Les autres œuvres sont une Charité romaine dont la thématique relève de la peinture de l‘Ecole de Fontainebleau[14], L‘Amour et aussi deux paysages qui font penser à des tableaux hollandais, dans la mouvance de David II Téniers tout à fait dans l‘esthétique appréciée des élites robines au XVIIIe siècle, diffusée par des peintres tel que Pierre Angillis et que nous retrouvons dans de nombreux inventaires.

 

Tableaux

<5%

5% - 10%

10%- 25%

 

54,16%

25%

20,83%

Miroirs

<20%

20% - 50%

>50%

 

54,16%

33,33%

8,33%

Tapisseries

<20%

20% - 50%

>50%

 

22,91%

25%

52,08%

Tissus

<20%

20% - 50%

>50%

 

89,25%

18,75%

0%

Papiers

<20%

20% - 50%

>50%

 

95,83%

4,16%

0%

Tableau 1 : pourcentage des objets de l’étude dans 52 inventaires de la noblesse[15].

 

            Ce tableau est un indicateur des goûts des officiers de judicature noble, il correspond au relevé des pourcentages des objets dans l‘étude de 52 inventaires nobles. Il aide à vérifier que Boylesvé se situe dans le groupe des nobles les plus aisés et possédant des objets en importance. Ses goûts sont conformes à ceux de son groupe social.

 

 

<20 £

20 £-100 £

100 £-1000 £

Tableaux

34,41%

31,25%

34,34%

Miroirs

14,58%

18,75%

66,67%

Tapisseries

12,5%

12,5%

75%

Tissus

20,83%

35,42%

43,75%

Papiers

68,75%

27,08%

4,17%

Tableau 2 : Valeur des objets de l’étude par type

 

            Ce deuxième tableau corrobore le premier.

 

 

 

 

 

 

V.                 Les critères de la collection

 

Antoine  Schnapper a établi les critères de la collection en définissant, l‘élément de profusion, la présence d‘un expert au prisage et enfin la volatilité de l‘existence de la collection[16].

En ce qui regarde Boylesvé, le premier critère est partiellement atteint ; une série de 38 œuvres dans la Bretagne du XVIIIe siècle est relativement importante, ainsi l‘une des plus importantes collections, celle de Lopriac comporte 26 œuvres, mais, pour une valeur de 1106 £ en 1750.

Le second critère concernant la présence d‘un expert n‘est pas satisfait, en effet seuls deux marchands revendeurs assurent le prisage et ne font appel à un orfèvre que pour l‘argenterie, ce qui est conforme aux habitudes. Le fait que deux priseurs soient consultés atteste de la nécessité de bien veiller à la valeur de l‘estimation. Il est à noter que Roinsard appartient à une famille de marchands revendeurs et qu‘il se mentionne juré priseur, en effet il s‘engage à fournir le prix indiqué dans l‘inventaire, en cas de vente. L‘expertise pour les tapisseries ne se justifie pas, en général, celles-ci étant bien connues des priseurs, de même que pour les miroirs dont la provenance etait facilement identifiable par les dimensions et la qualité. Par contre la présence d‘un peintre expert pourrait se justifier davantage, elle est rarissime en Bretagne, ainsi n‘avons-nous rencontré que deux cas de prisage par le peintre Jean-François Huguet[17]. Le dernier critère relevant de la volatilité de la collection en fonction de la documentation connue ne peut être examiné.

 

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion

 

Il apparaît que le président de Boylesvé est partiellement un collectionneur, au sens que nous donnons à ce terme aujourd‘hui, c‘est à dire qu‘il possède de beaux objets qu‘il rassemble surtout dans les pièces d‘apparat. Il est à remarquer qu‘il est aussi un homme de son temps prévoyant des cabinets de commodités et de toilette à Rennes, agrandissant et faisant mettre au goût du jour le château qu‘il tient de ses ancêtres et en l‘ornant d‘un tableau de très grand prix. Ce goût pour la peinture peut en partie provenir des décors qu‘il admire au parlement dans la salle des Enquêtes décorées de peintures de Ferdinand dit Louis II Elle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Transcription partielle de l’inventaire volontaire de Boylesvé.

 

L’orthographe originelle a été conservée. N’ont été recopiés que les éléments concernant les objets à caractère artistique ou décoratif[18].

 

19 juillet1747

Mr le Président de Chamballan

 

Invantaire prisage et estimation des

Biens meubles, argent, argenterie, et autres effets mobilliers dépendants de la communauté de moy Messire Joseph François Marie de Boylesvé chevalier seigneur comte de Chamballan, La minière, le Rouvre, K[er]nio et autres lieux conseiller du Roy en ses conseils et président au parlement de Bretagne, et de feue dame [un prénom barré] Marie Catherine de Boylesvé, dame du Planty vivante mon épouse fait par moy dit seigneur de Chamballan qui ay apellé Laurent Roinsard et Guillaume Métayer jurés priseurs de cette ville de Rennes, et y demeurants pour donner prix, et faire l‘estimation des dits meubles et effets auquel prisage, et estimation a été vaqué comme en suit

 

                        Et premier

Dans l‘hotel de Rennes

Cuisinne

[……………………..]

Cabinet costé de la cuisinne

[……………………..]

Dans le sallon a manger

[……………………..]

Dans un cabinet au bout du sallon

[……………………..]

Descendu dans la cave

[……………………..]

Dans un petit cavot a costé

[……………………..]

Dans l‘écurie

[……………………..]

Dans la chambre des garçons

[……………………..]

Dans la petite chambre a costé

[……………………..]

Descendu dans un embas a costé de l‘Ecurie

Un vieux clavecin avec son soubastement le tout de peu de valeur prisé six livres

Entrés dans la remise

[……………………..]

Dans la salle de compagnie

………………………

Une grande glace avec ses bordures et couronnements de glace partie violet prisée avec son balancier deux cent soixante livres

un autre miroir a bordure et couronnement de glace et baguette dorée prisé cent livres

………………………

un écran de broderie prisé dix livres

………………………

un paravant de six feuilles couvertes de broderie doublé d‘un damas a fleur d‘argent encadrés de panne rouge prisé soixante livres

………………………

six pièces de tapisserie en verdure fine flandre contenant seize aulnes de cours sur deux aulnes et demies de hauteur estimées huit cent livres

Dans la chambre a coucher

………………………

un miroir avec les bordures et couronnements de glace et baguette dorée avec son balancier prisés ensemble soixante dix livres

………………………

une piece de tapisserie verdure auBusson de deux aulnes et demies de cours et pareille hauteur prisée cinquante livres

………………………

six petits dont quatre destampes decoupées ensemble cinq livres

un tableau representant la magdelaine avec sa quarée de bois prisé une livre dix sols

Dans un cabinet des commodités

[……………………..]

Dans un autre cabinet a costé

[……………………..]

Dans le cabinet de toillete

……………………

trois morceaux de tapisserie de toille peinte prisés vingt quatre livres

……………………

Dans le cabinet de Mr Le president

……………………

un petit trumeau prisé avec sa bordure dorée prisé deux livres

……………………

huit pieces de tapisserie de toile peinte représentant différentes chasses prisées ensemble soisente douze livres

Livres in folio [109 volumes pour 211 Livres]

Dans le cabinet de commodité

[……………………..]

Dans un cabinet a costé

[……………………..]

Dans un autre  cabinet vis a vis

[……………………..]

Dans la chambre des filles de chambre

…………………………

quatre  morceaux de toile peinte prisée huit livres

Dans un cabinet au bout

[……………………..]

Dans le cabinet de mademoiselle de chamballan

………………………

une piece de tapisserie de point de hengrie ondée prisée dix livres

…………………………

quatre morceaux de tapisserie de Bergame prisés ensemble six livres

Argenterie fait pesé par le sieur buchet marchand orfeuvre a Rennes s‘est trouvé pezé cent huit marcs quatre onces vallant a raison de 46 livres 38 sols le marc suivant l‘édit du roy, la somme de quatre mille huit cent quatre vingt huit livres treize sols

 

Et sont tous les meubles et effets qui se sont trouvés a Rennes dans l‘hotel ou demeure mondit seigneur de Chamballan qui déclare la conclusion du present pour les meubles et effets qu“il a son château de chamballan jusqu‘au retour d‘un voyage qu‘ il est obligé de faire déclarant qu‘il nous fera avertir pour nous transportes audit château lorsqu‘il y sera arrivé fait l‘arresté a Rennes sous le seing de mondit seigneur de chamballan et les nostres ce sept juillet mil sept cent quarente sept …

Signé de boylesve de chamballan          roinsard      guillaume Le Mettayer

 

 

L‘an mil sept quarente sept le huitieme jour de loust nous dits Laurent Roinsard et guillaume le Metailler jurés priseurs a Rennes et y demeurants en conséquence des ordres de mondit seigneur de chamballan paroisse de Rougé evesché de Nantes pour procéder a la continuation  du prisage et inventaire des biens meubles et effets qui y sont auquel prisage et estimation avons procédé comme en suit le dit jour huit aoust 1747

 

    Etpremier

Cuisinne

[……………………..]

Salle neuve

Un vieux miroir avec sa bordure de glace et platte bande de cuivre prisée vingt quatre livres

Quatre pieces de tapisserie de verdure oudenarde contenant onze aulnes et un quart sur deux aulnes et demies de hauteur prisées ensemble deux cent quatre vingt livres

Garderobe a costé

[……………………..]

salle a manger

………………

un christ sur velours avec sa carrée sa carrée dorée prisé six livres

dix bustes de platre prisés six livres

douze petits cadres en bois noir prisés six livres

deux cartes de géographie et ce qu‘il y a d‘Estampes prisés ensemble trois livres

Corridor

[……………………..]

salle de compagnie

……………….

Un trumeau avec ses bordures dorées et deux chandeliers d‘attache prisés soixante dix livres

Une petite pendule a ressort prisée cinquante livres

Un écran couvert de broderie et son revers de satin de Bruges prisé dix livres

Un tableau représentant Venus et les amours Cerès et Bacchus avec sa bordure de bois doré prisé trois cent livres

Sept pieces de tapisserie a grands personnages représentant les sept merveilles contenant dix aulnes de cours sur deux aulnes et demies de hauteur prisées quatre cent livres

Chambre de monsieur

[……………………..]

Chambre verte

Un petit miroir avec sa bordure en plaques de cuivre prisé trente sols

Cabinet a costé

[……………………..]

Chambre des filles de basse cour

[……………………..]

fruitrie servant de gardemeubles

[……………………..]

Chambre sur l‘office

………………

un petit trumeau avec ses bordures de glace prisé vingt quatre livres

quatre pieces de tapisserie et un morceau différent contenant quinze aulnes de cours sur deux aulnes et quart de hauteur prisées deux cent soixante livres

un tableau représentant le jugement de Paris avec sa bordure dorée prisé dix livres

chambre sur la salle neuve

……………

un miroir avec sa carrée et bordure dorée prisé trante livres

quatre pieces de tapisserie oudenarde contenant douze aulnes de cours sur deux aulnes et demie de hauteur prisées deux cent quatre vingt livres

……………

garderobe a costé

……………

un petit miroir a bordure de plaques de cuivre prisé deux livres

tribune

……………

mansarde sur l‘office

……………

un petit trumeau avec sa bordure dorée prisé quinze livres

sept morceaux de tapisserie de couetil rayé prisés quinze livres

……………

un tableau sans bordure représentant L‘amour prisé deux livres

garderobe a costé

[……………………..]

cabinet de monsieur

…………

unn trumeau de glace avec sa bordure dorée prisé quinze livres

deux petits tableaux a bordure dorée représentant des paysages prisés trois livres

Livres [292 volumes pour 347 livres]

Chambre du billard

………………

deux tapis l‘un de turquie l‘autre de savonniere prisés ensemble vingt livres

neuf pieces de tapisserie verdure de différentes especes contenant vingt une aulnes de cours sur deux aulnes et demies de hauteur prisées ensemble deux cent cinquante livres

douze tableaux partie sans bordure partie avec bordure prisés ensemble soixante livres

cabinet a costé du billard

[……………………..]

chambre de la cuisine

……………

un petit miroir avec sa bordure noire prisé deux livres dix sols

une tapisserie de brocatelle a fond brun en cinq pieces contenant douze aulnes et demies de cours sur deux aulnes et demies de hauteur prisée trante livres

……………

Chambre de l‘estrade

……………

un miroir a carrée brune prisé trante six livres

un tableau representant la charité romaine avec sa carrée dorrée prisée six livres

……………

chambre de la tour

……………

un petit miroir avec sa bordure de glace de peu de valeur prisé trante sols

cinq morceaux d‘une vielle tapisserie de catiolle a cliquets de peu de valeur prisés dix livres

chambre sur la salle verte

……………

un petit miroir a carrée dorée prisé dix livres

six pieces de tapisserie verdure a petits personnages representant des chasses contenant dix huit aulnes de cours sur deux aulnes trois quarts de hauteur prisées ensemble deux cent soixante dix livres

garderobe a costé

[……………………..]

chambre des garçons

[……………………..]

grande cave

[……………………..]

petit cavot

[……………………..]

menuiserie

[……………………..]

chambre au dessus

[……………………..]

chapelle

[……………………..]

sacristie

[……………………..]

 

total des meubles 27 171 Livres

signé roinsard de boylesve de chamballan guillaume Mettayer

 

 

 

 

 



[1] Potier de Courcy (P.), Nobiliaire et armorial de Bretagne, Mayenne, Editions Régionales de Bretagne, 1993.

[2] A.D.I.V., 2 B 620, actes d‘office du Présidial de Rennes, 1747.

[3] Saulnier (F.), Le Parlement de Bretagne (1554-1790), Rennes, Editions Plihon et Hommay, 1909, p. 158 et suivantes.

[4] Decombe (L.), Les rues de Rennes, Bouhet, Editions Découvrance, 2002, p. 47.

[5] A.M. Rennes, 1 Fi 44.

[6] A.M Rennes, 1 Fi 44, détail.

[7] Rougé  : département de Loire-Atlantique

[8] Renseignements fournis par la mairie de Rougé, d‘après une étude faite par Monsieur Jean Gachet  ancien propriétaire du château.

[9] Meyer (J.), La noblesse bretonne au XVIIIe siècle, Paris, Editions de l‘Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 1985, p. 1218.

[10] Belorde (P.), Les goûts artistiques des officiers de judicature à Rennes au XVIII siècle (1700-1792), mémoire de DEA d‘Histoire et critique des Arts, Rennes 2, 2004,  p. 121-122.

 

[11] Belorde (P.), op. cit., p. 77-81.

[12] Peintures au musée de l‘hôtel Sandelin à Saint Omer

[13] Ce tableau est entré dans la collection du landgrave de Hesse-Kassel, vers 1749. Rubens est aussi l’auteur de la Venus frigida, du Koninklijk Museum d’Anvers et d’un tableau,  Minerve protégeant la Paix contre Mars, de la National Gallery de Londres, qui se réfère peut-être au même thème de Vénus.

[14] Voir la fresque Cléobis et Biton dans la galerie François Ier à Fontainebleau dont le thème fut diffusé par les gravures de Boyvin.

[15] Ces références concernent les fonds des Archives Départementales d’Ille-et-Vilaine des séries 2 B, 4 B, 2 E, 2 E, 4 E, L 10, 23 J, 1 Q .

[16] Schnapper (A.), Curieux du grand siècle : collections et collectionneurs dans la France du XVIIe siècle, Paris, Editions Flammarion, 1994.

[17] A.D.I.V. , 2 E l 306, inventaire de Lopriac, 1721 et 2 E 564, inventaire de Brilhac, de 1734.

[18] Belorde (P.), op. cit., p. 64-71.